• Black Jack

    Le précurseur de "Docteur House".

    Black JackAsama Kuroko, surnomé "Black Jack", est un médecin clandestin. Continuellement vêtu de noir, les cheveux noir et blanc, une balaffre traversant son visage en partie noir, c'est un homme cynique, capable de faire une transplantation de cerveau (si, si !) ou de refaire le visage d'un homme sans pratiquement laisser de cicatrice. Mais ses compétences extraordinaires ont un prix : il faut compter entre 3 et 10 millions de Yens selon l'opération...

    BLACK JACK est l'un des chefs-d'oeurvre d'Osamu Tezuka, qui créa ce personnage en 1973, l'année où sa maison de production de DA fît faillite. Est-ce  pour cela que le mangaka inventa ce "double négatif" de lui-même ? Tezuka se destinait à la médecine lorsqu'il choisi de vivre de ses planches. Black Jack, médecin surdoué évoluant dans un Japon gangréné par la corruption et l'argent, renvoie souvent à ses contemporains le regard d'un homme qui ne croit plus en l'Homme, ou si peu.

    Black Jack vit dans une cabane au sommet d'une falaise battue par les vagues. Il va recueillir dans des conditions étranges une "petite fille", Pinoko, qui lui servira d'assistante. Il n'a quasiment pas d'amis, si l'on exepte Kiriko, un autre médecin clandestin, spécialisé dans l'euthanasie, et son "némésis" en quelques sorte.

    Car Black Jack se bat pour la survie de ses patients. Il ne s'avoue vraiment vaincu que lorsque la mort lui arrache litterallement le malade des mains, et parfois dans des conditions ironiques : par exemple, dans une histoire, il sauve la vie d'une femme qui souhaitait mourir...et apprendra par la suite qu'elle est décédée lorsque l'ambulance qui la transportait eût un accident...

    Présenté sous forme d'histoires courtes, les aventures de Black Jack n'ont ni début ni fin. On apprends néanmoins au fil des pages le passé du héros : son père, un célèbre médecin, abandonne son foyer pour vivre avec une autre femme, laissant le petit Asama et sa mère dans le dénuement ; tout deux sont grièvement blessés dans un accident. Sa mére mourra de ses blessures, et lui-même, atrocement défiguré, sera sauvé par un médecin humaniste et par un de ses amis, un petit métis nippo-africain qui lui offrira une partie de sa peau.

    BLACK JACK est une oeuvre cynique, je l'ai dit, pourtant, parfois, on y voit notre médecin touché par des petites gens, qu'il soignera gratuitement, ou contre un bol de nouilles. On y retrouve aussi le goût de l'auteur pour le fantastique, losque Black Jack soigne un extra-terrestre ou même un fantôme...Et que dire de cet ordinateur super-sophisitqué, créée pour opérer à la chaine des patients, et qui réclame notre héros avec qui il a une conversation digne de 2001, L'ODYSSEE DE L'ESPACE ?

    Vous l'aurez compris, BLACK JACK est incontestablement l'un de mes manga préférés, par sa noirceur, son ironie mordante, son approche désabusée des travers de l'humanité. Une réussite à tous points de vue.

      

    BLACK JACK, de Osamu Tezuka, 17 volumes chez Azuka en format "Bunko" (de poche) ou en format "De luxe" avec couvertures cartonnées. Serie finie. 

     

    « Shiitake- Illustratrice Scrat »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :