• Candy Candy

    "Papa Longues Jambes" version nippone.

    Candy CandyJ'ai retrouvé avec plaisir les épisodes de Candy Candy sur Youtube. Et cela m'a donné envie d'en parler.

    Petit rappel de l'histoire : dans l'Amérique du début du 20ème Siècle, Candy, jeune fille d'une gentillesse infinie mais d'un caractère bien trempé, va vivre nombre de joies et de peines avant de trouver le bonheur. Cette série, arrivée en France à la même époque que Goldorak, a conquis immédiatement son public : les petites filles, friandes d'histoires à l'eau de rose, et ce malgré une "adaptation" désastreuse dont je parlerai plus loin.

    C'est étrange comme en revoyant ce DA à mon âge, je me rends compte qu'elle est toujours aussi charmante, loin d'être niaise, et surtout qu'elle se place dans la continuité des romans classiques pour la jeunesse qui faisaient fureur à la fin du 19ème début du 20ème Siècle : assurément Candy Candy doit beaucoup à  Papa Longues Jambes, mais aussi à Petite Princesse, à Sans Famille et à toutes ces oeuvres mettant en scène des enfants devant traverser des épreuves douloureuses avant de trouver le bonheur.

    Candy CandyCela m'amène à parler de l'adaptation malencontreuse: des parents avaient écrit à Antenne 2, la chaine qui diffusait la série, pour exprimer leur colère au sujet de la mort d'Anthony, l'un des principaux personnages : la série fut ensuite édulcorée, les épisodes suivants redoublés afin de faire croire qu'Anthony était dans le coma à l'hôpital suite à sa chute de cheval. Mais cela dénature complètement l'histoire, et, plus grave encore, apporte une contradiction fâcheuse au caractère de Candy : alors qu'elle est censée être inquiète pour Anthony (qui fut son premier amour), elle ne va pas chercher à le voir à l'hôpital. Plus grave encore, elle se laisse séduire par Terry. Le summum de l'incompréhension est atteint lorsque Candy renonce de son plein gré à Terry suite  à un drame similaire : une jeune femme amoureuse de Terry va perdre sa jambe, et notre héroïne va pousser l'homme qu'elle aime à rester auprès de la jeune infirme.

    Dans le manga, il n'y a aucune ambiguïté : Anthony se tue en tombant de cheval et Candy mettra longtemps à s'en remettre. Cela démontre que les parents français des années 70 avaient perdu le sens commun : les enfants ont besoin d'être confrontés à des histoires dramatiques dans les oeuvres de fiction, afin de comprendre que la vie n'est pas toujours rose. Bizarrement, je ne me souviens plus des sentiments qui m'animaient à propos de la mort d'Anthony lorsque je regardais cette série, mais je pense que beaucoup d'enfants ont été troublés par cette édulcoration que je juge aujourd'hui stupide.

    Candy Candy est un délicieux souvenir d'enfance, une "madeleine de Proust" pour la génération qui a grandis dans les années 70 à l'ombre de Goldorak et d'Albator, et ce fut le premier "shojo manga" à avoir eu du succès dans notre pays. Dans ma chronique du manga, j'avais précisé que l'oeuvre n'était pas disponible pour cause de mésentente entre les auteurs, mais il semble que les choses se sont tassées, et j'espère qu'un jour un éditeur français aura le droit de sortir la série dans son intégralité, et surtout sans édulcoration...

    Candy Candy

    « Adieu à Robin WilliamsCapucin dans tout ses états... »

  • Commentaires

    1
    Lundi 15 Septembre 2014 à 20:29

    C'est vrai que ça m'avait troublé à l'époque, que ça manquait de logique.

    Oui, il m'arrivait de suivre Candy.

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