• Les méchants de Disney

    Girl power ?

    Les méchants de DisneyPour Halloween, j'ai décidé de parler des "méchants" dans l'univers des DA de Disney. Et l'on peut dire que cela commence très fort avec la Reine de Blanche-Neige : Orgueilleuse, cruelle, elle n'hésite pas à ourdir froidement le meurtre de sa belle-fille. Elle surpasse les "méchantes" qui lui succéderont par son côté "femme fatale". À noter le trait d'humour noir lorsqu'elle réussit à "tuer" sa rivale : la vieille sorcière qu'elle est devenue s'exclame : "Je suis la plus belle !"

    Dans Pinocchio, il y a plusieurs méchants, à commencer par les deux compères Grand Coquin et Gédéon. Ce sont les seuls personnages au physique "animal" du film : le renard et le chat ont toujours symbolisé dans les contes et les fables la fourberie et la rapacité : ils vont ainsi vendre notre héros à un marionnettiste, Stromboli. Celui-ci fut la cible de critiques qui ont accusés Disney d'antisémitisme : le personnage est en effet âpre au gain et arbore un physique très proche du juif tel qu'on le décrivait à l'époque : à mes yeux, il symbolise seulement le "méchant" sans aucune connotation.

    Plus tard, Pinocchio va tomber dans le piège du cocher de l'Île des plaisirs. Son dernier adversaire sera Monstro la baleine, dans le ventre duquel il retrouvera son père Gepetto. Il s'agit là d'une "épreuve" plus que d'un "méchant", et qui renvoie bien sûr à la Bible (Jonas) ou aux légendes dans lesquelles le héros est obligé de descendre en Enfer ou dans une grotte pour en sortir "purifié".

    Bambi se démarque car il est le seul film où le "méchant" n'apparait jamais physiquement, et pour cause : l'homme, le chasseur, l'incendiaire, est pour les animaux sauvage l'ennemi le plus dangereux, le plus à craindre. Disney a, semble-t-il décidé de ne pas désigner formellement cette créature détestable (il parait qu'une scène montrant un homme mort fut un temps envisagée).

    Dans Dumbo, le "méchant" n'est pas foncièrement méchant : si le directeur du cirque sépare notre éléphanteau de sa mère, c'est parce qu'il craint que celle-ci ne soit devenue dangereuse. La méchanceté vient surtout des moqueries que subit notre petit héros (même de la part des corbeaux !) avant de trouver sa voie.

    Les films suivants de Disney enchainent des "vilains" assez classiques, le plus souvent fidèles à leurs modèles (le Capitaine Crochet, la Reine de Coeur), ou qui sont des "décalques" de la Reine de Blanche-Neige (Cendrillon, La Belle au Bois Dormant).

    Les méchants de DisneyC'est dans les films "animaliers" que, à mon avis, les méchants - le plus souvent des méchantes, d'ailleurs ! - sont les plus intéressants : ainsi, Cruella dans Les 1001 Dalmatiens est une créature monstrueuse dans tous les sens du terme : laide, égocentrique, elle prend un malin plaisir à humilier les autres, et se comporte de manière quasi dictatoriale avec ses deux sous-fifres (qui sont tout de même censés être des "durs"). Vous pensez "castratrice" ? Et oui, le mot est lâché... Le personnage va être lui-aussi décliné dans d'autre films : Médusa (Bernard et Bianca), Ursula (La Petite sirène), et Yzma (Kuzko, l'empereur mégalo) sont des "cousines" de Cruella ! À noter que dans tous ces films, la méchante est particulièrement "hystérique", et souvent accompagnée d'un faire-valoir masculin totalement incapable... Les studios Disney seraient-ils misogynes ?

    Le renouveau vient du Roi Lion : le méchant est Scar, frère du roi et donc évincé du trône par la naissance de son neveu. Tout le monde sait que ce film est une relecture du Hamlet de Shakespeare. Là encore, notre "vilain" est entouré de trois sbires (les hyènes) qui ne brillent ni par leur intelligence, ni par leur opiniâtreté (c'est parce qu'elles ont renoncé à poursuivre Simba que celui-ci, devenu adulte, pourra revenir réclamer vengeance). Une polémique avait éclaté outre-Atlantique au sujet du doublage : certains ont  fait remarqué que les "bons" du films sont doublés par des blancs, et les "méchants" par des noirs...

    Les méchants de Disney

    Y-a-t-il eu une évolution dans les méchants de Disney depuis Blanche-Neige ? Je dirais oui et non. Oui, car de la Reine glaciale à Yzma l'hystérique, le fossé est large. Non, car se sont souvent les femmes "méchantes" dont on se souvient le plus. Est-ce vraiment un hasard, ou ces personnages, par leurs démesure, leur caractère "féminin" et leur éventuelle aura démoniaque sont plus captivants que les hommes ?

    Comme je n'ai pas vu (ou revu) certains des dessins animés de la firme, je vais arrêter là mon post, mais je pense qu'il y aurai un deuxième épisode, consacré à tous ces méchants que je n'ai pas évoqué ici.

    « Saturation ?Astérix, le Domaine des Dieux »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :