des images, des mots, un univers...
28 février 1957. Dans le numéro 985 du journal "Spirou" apparait un curieux personnage, grand dadais qui ne va pas tarder à faire montre de ses talents dans le gag.
Gaston Lagaffe est une création originale de Franquin, qui jusqu'ici avait repris les aventures de Spirou et Fantasio. Il semble qu'il fut inventé pour "dynamiter" les pages du journal qui étaient trop sages et trop consensuelles aux yeux du dessinateur.
J'ai mis longtemps à m'intéresser à Gaston Lagaffe. Non que je n'aimais pas - loin de là ! - mais je n'ai vraiment "accroché" à ses péripéties qu'au moment où je suis entrée dans la vie active. Peut-être y ais-je trouvé matière à dédramatiser les petites "bourdes" que je faisais moi-même (heureusement pour moi, je n'ai jamais été aussi "gaffeuse" que lui).
Tout me plait dans ce personnage : ses gaffes, bien sur, mais aussi sa dégaine, ses inventions, ses recettes de cuisine totalement loufoques. Mais je crois que ma préférence va à ses convictions : antimilitariste et écologiste avant l'heure, il préfigure à lui seul les mouvements des années 70/80. J'adore le voir prendre pour cible les uniformes et utiliser son "Gaffophone" pour empêcher la chasse à la baleine.
Gaston est en fait un grand enfant rêveur et maladroit, mais plein de bonne volonté malgré une flemme chronique. L'un des gags récurrents que je préfère, c'est celui où il teste des déguisements pour des bals masqués, gag se terminant invariablement par la phrase "Mais si on danse ?" qui est devenu "culte" pour moi.
Je terminerai ce post en signalant qu'à l'occasion des 60 ans de la naissance de Gaston, un hors-série de "Paris-Match" est sorti récemment. On y découvre, classé de A à Z, tout ce qu'il faut savoir sur le "cas Lagaffe" et son auteur, dont il est en quelque sorte le double de papier.
En lisant ce hors-série, je me suis d'abord fait la réflexion que les bandes de Gaston Lagaffe auraient eu leurs places dans un journal comme "Pilote", mais tout bien réfléchis, elles s'y seraient perdues entre les oeuvres de Gotlib ou de Cabu : Gaston se devait de "foutre le bordel" dans les pages d'un journal aussi sérieux que "Spirou", cela lui a permis de se faire sa place au soleil de la BD.